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Urgence dentaire chez l’enfant : ingestion d’objet non alimentaire ou fausse route, que faire ?

Un enfant qui avale une petite pièce, une bille ou un morceau de jouet. Un morceau de pomme, de saucisse ou de pain qui “passe de travers”. Une toux soudaine, puis parfois un silence inquiétant.

Ces situations sont impressionnantes, mais elles ne signifient pas toujours une urgence grave. En revanche, certaines nécessitent une réaction immédiate, car le risque peut être vital.

Chez les jeunes enfants, ce type d’accident est fréquent parce qu’ils explorent beaucoup avec la bouche, surtout avant 5 ans.

Il faut d’abord distinguer deux situations : l’ingestion, quand l’objet descend dans le tube digestif, et la fausse route, quand l’objet entre dans les voies respiratoires.

Ingestion ou fausse route : bien faire la différence

Chez l’enfant, la bouche est un véritable outil d’exploration. Il est donc fréquent qu’il porte des objets à sa bouche et avale accidentellement des éléments non alimentaires.

Il est important de distinguer deux situations :

  • L’ingestion : l’objet est avalé et passe dans le tube digestif, vers l’estomac.
  • La fausse route (inhalation) : l’objet ou l’aliment passe dans les voies respiratoires au lieu de l’œsophage.

Ces deux situations n’ont pas le même niveau de gravité.

Dans la plupart des cas, une ingestion simple est bénigne, même si certains objets nécessitent une prise en charge rapide.

La fausse route, en revanche, constitue une urgence vitale. Lorsqu’un objet bloque les voies respiratoires, l’enfant peut rapidement avoir des difficultés à respirer. Chez les jeunes enfants, les voies aériennes étant très étroites, un petit objet ou un morceau d’aliment peut suffire à empêcher le passage de l’air.

Ces situations surviennent souvent pendant les repas ou les moments de jeu, d’où l’importance de savoir reconnaître rapidement les signes d’alerte.

Comment reconnaître une fausse route ?

Les signes apparaissent généralement de façon brutale, souvent pendant un repas ou un moment de jeu.

Dans un premier temps, l’enfant peut présenter une toux soudaine et intense, une difficulté à respirer ou une respiration inhabituelle, sifflante ou bruyante. Certains enfants deviennent également très agités ou paniqués.

Lorsqu’un enfant tousse, cela signifie généralement que l’air passe encore. La toux est alors un réflexe naturel et efficace pour tenter d’expulser l’objet ou l’aliment.
Les recommandations de l’Assurance Prévention rappellent qu’un enfant qui tousse efficacement doit être encouragé à continuer à tousser.

En revanche, certains signes doivent alerter immédiatement. Un enfant qui ne parvient plus à parler, à pleurer ou à tousser efficacement peut être en train de faire une obstruction complète des voies respiratoires. Un silence soudain, une coloration bleutée des lèvres ou du visage, ou une perte de connaissance constituent des signes de gravité.

Un enfant silencieux qui ne respire plus correctement est une urgence absolue.

Que faire en cas de fausse route ?

La réaction dépend avant tout de l’état de l’enfant.
Si l’enfant tousse, parle ou pleure, cela signifie généralement que l’air passe encore. Dans cette situation, il est important de rester calme et de le laisser tousser. La toux est le mécanisme naturel le plus efficace pour expulser ce qui gêne les voies respiratoires.

Il ne faut pas taper immédiatement dans le dos si l’enfant tousse efficacement.
En revanche, si l’enfant ne parvient plus à respirer, ne tousse plus ou devient silencieux, il faut agir immédiatement.

Commencez par donner 5 claques dans le dos, entre les omoplates, tout en maintenant l’enfant penché vers l’avant. Vérifiez ensuite si l’objet a été expulsé. Si ce n’est pas le cas, réalisez 5 compressions abdominales (manœuvre de Heimlich chez l’enfant de plus d’un an), puis alternez ces gestes jusqu’à l’arrivée des secours ou l’expulsion de l’objet.

Ces gestes de désobstruction sont ceux recommandés par les organismes de premiers secours et les recommandations pédiatriques françaises.

Chez le nourrisson de moins d’un an, les compressions thoraciques remplacent les compressions abdominales.
Les gestes diffèrent chez le nourrisson en raison de la fragilité des voies respiratoires et du thorax (Croix-Rouge française).

Certaines situations nécessitent d’appeler immédiatement le 15 ou le 112 :

  • enfant qui s’étouffe et ne respire plus normalement,
  • coloration bleutée,
  • impossibilité de parler ou de pleurer,
  • obstruction complète des voies aériennes.


Certains objets avalés nécessitent également une prise en charge rapide, même en l’absence de gêne respiratoire.

Objets particulièrement dangereux

Dans certains cas, une consultation urgente est indispensable, même si l’enfant semble aller bien au départ.

C’est notamment le cas des piles bouton, qui représentent une véritable urgence médicale. Lorsqu’elles restent bloquées dans l’œsophage, elles peuvent provoquer des brûlures graves en moins de deux heures.
L’ANSES alerte régulièrement sur le risque majeur lié aux piles bouton chez les jeunes enfants.

Les aimants, surtout lorsqu’ils sont avalés en plusieurs exemplaires, sont également très dangereux. Ils peuvent s’attirer à travers les parois digestives et entraîner des lésions ou des perforations intestinales.
Les aimants avalés représentent une urgence digestive reconnue en pédiatrie .

Les objets pointus, coupants ou volumineux nécessitent eux aussi une vigilance particulière. Une arête, un cure-dent ou un objet de grande taille peut blesser le tube digestif ou rester bloqué.

À l’inverse, lorsqu’un petit objet a été avalé sans provoquer de gêne respiratoire ni de symptôme particulier, une simple surveillance peut parfois suffire. Les parents peuvent alors surveiller l’apparition de douleurs, vomissements ou difficultés inhabituelles, ainsi que le transit et les selles dans les jours suivants.

Certains objets nécessitent une vigilance particulière :

  • les piles bouton,
  • les aimants,
  • les objets pointus,
  • ou encore certains petits jouets pouvant provoquer une obstruction.


En cas de doute, il est toujours préférable de demander un avis médical rapidement.

Gestes à éviter absolument

Face à une ingestion d’objet ou une fausse route, certains réflexes peuvent aggraver la situation.

Il ne faut jamais essayer de faire boire ou manger l’enfant immédiatement, surtout s’il présente une gêne respiratoire ou des difficultés à avaler. De la même manière, il ne faut pas tenter de le faire vomir, au risque de déplacer l’objet ou d’aggraver l’obstruction.

Il est également important de ne pas allonger l’enfant sur le dos. En cas de fausse route, il vaut mieux le maintenir assis ou légèrement penché vers l’avant.

Si un objet est visible dans la bouche et facilement accessible, il peut être retiré délicatement. En revanche, il ne faut jamais essayer “d’aller chercher” un objet profondément avec les doigts. Ce geste risque de pousser l’objet encore plus loin dans les voies respiratoires ou digestives.

En situation d’urgence, mieux vaut éviter les gestes improvisés et se concentrer sur les recommandations de secours adaptées.

Prévention : les bons réflexes

Quelques gestes simples permettent de réduire fortement le risque de fausse route ou d’ingestion accidentelle chez l’enfant.

Avant l’âge de 3 ans, il est important de ne jamais laisser un jeune enfant seul avec de petits objets susceptibles d’être portés à la bouche. Les piles bouton, pièces, billes, petits jouets ou éléments détachables représentent des risques fréquents d’accident domestique.

L’alimentation doit également être adaptée à l’âge de l’enfant. Certains aliments sont particulièrement à risque chez les plus jeunes, notamment les cacahuètes, les raisins entiers, les bonbons durs ou certains morceaux trop gros et difficiles à mâcher. Couper les aliments en petits morceaux et proposer des textures adaptées permet de limiter ces risques.

Le contexte des repas joue aussi un rôle important. Un enfant doit idéalement manger assis, au calme et sous surveillance, afin d’éviter qu’il parle, joue ou se déplace avec des aliments en bouche.

Enfin, il est essentiel de choisir des jouets adaptés à l’âge indiqué par le fabricant. Les jouets destinés aux enfants de moins de 36 mois sont spécialement conçus pour limiter la présence de petites pièces pouvant être avalées.

En France, environ 80% des cas de suffocation concernent les enfants de moins de 3 ans. » (Assurance Prévention)

Cette fréquence élevée explique pourquoi la prévention est particulièrement importante dans cette tranche d’âge.

Quand appeler les secours ?

Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si l’enfant présente des difficultés respiratoires importantes ou des signes de gravité.

Cela concerne notamment les situations où :

  • l’enfant ne respire plus correctement,
  • il devient bleu ou très pâle,
  • il ne parvient plus à parler ou à tousser,
  • la toux devient inefficace,
  • ou encore s’il perd connaissance.


Face à une difficulté respiratoire chez un enfant, chaque minute compte.

En conclusion

L’ingestion d’objet et la fausse route sont des accidents fréquents chez les jeunes enfants, surtout avant 3 ans.
Dans la majorité des cas, ces situations restent bénignes. Mais lorsqu’un objet bloque les voies respiratoires, chaque seconde compte.

Savoir reconnaître les signes d’alerte (toux soudaine, difficulté à respirer, silence inquiétant, coloration bleutée) et connaître les bons gestes permet d’agir efficacement en attendant les secours.

La prévention reste le meilleur moyen de réduire ces risques :

  • Adapter l’alimentation à l’âge de l’enfant
  • Ranger les petits objets hors de portée (piles bouton, aimants, pièces, billes)
  • Choisir des jouets adaptés à la tranche d’âge
  • Veiller à ce que l’enfant mange assis, au calme et sous surveillance

En cas de doute ou de difficulté respiratoire, n’hésitez jamais à appeler le 15 (en France) ou le 112 (en Europe).

Face à une fausse route, chaque minute compte.

Téléchargez notre guide des bonnes pratiques à avoir en cas de fausse route ou d’étouffement.